Manifeste in progress de l'atelierclaudefrancheteau
Claude FRANCHETEAU.
C’est dans un ensemble informel, fourni et contrasté, que j’ai vu quelque chose de lui pour la première fois. C’était des aquarelles.Légères, au bleu lavé, elles étaient épinglées sur le mur, discrètes, douces et pourtant maîtrisées et précises.
Lui aussi était là, accroupi, pour remplir son cahier et tenir sa promesse. Comme un enfant.
J’apprenais pourtant peu à peu que le bleu Francheteau n’était pas toujours tendre :dur et tendu, il peut fendre la toile, cerner et alourdir le regard des hommes et faire baisser celui des femmes.des bleus très vifs et spatulés me font penser à du vitrail. Lumière condensée, oppositions soutenues et soulignement des traits, les attitudes parfaites et sages de ses personnages n’affaiblissent pas la violence de certains portraits. On a gardé l’image mais quitté l’enfant.
Je ne saurais dire s’il s’agit là d’un passé, d’une période ou d’une contradiction d’artiste. Mais depuis quelque temps, Francheteau rappelle que descripteur subtil de l’intime ou formidable rapporteur du geste et du mouvement, il est surtout un coloriste exceptionnel.
Affranchis de mobilité et de vagabondages, les perspectives originales de ses ciels et ses paysages couvrent la toile de douceur et de sérénité.dans une pâte lisse ou musclée, l’artiste est là : inattendu, tendre ou fougueux, réaliste ou poète. Mais au fond de ses fonds et au cœur de ses toiles, l’impalpable, l’humeur, le sentiment passe et s’impose qui nous retient et nous fera peut-être retourner sur ses pas.
Hélène POISOT
Artéva
Septembre 2009.